Vous êtes maman ? Vous avez au moins un petit entre 3 et 12 ans ? Ce dimanche, vous allez vous ramasser un bracelet 100 % coquillages, un porte- photos en bouchon de liège peinturluré à la gouache verte, une empreinte de main dans un truc en plâtre avec des gommes en forme de souris collées dessus, un rond-de-serviette en carton avec encore des morceaux de papier WC ou un faisan en macramé. C'est la Fête des mères. Chouette.
Mais passé la bouffée d'amour, il va falloir gérer le cadeau. Sachant que, à plus ou moins long terme, il va finir dans un carton au fond du garage ou de la poubelle.
Sauf que ce rituel serait en voie de disparition. C'est en tout cas l'avis du magasin de loisirs créatifs Marie Ficelle, qui assure que l'époque des spaghettis collés sur une boîte de crayon est révolue.
Les professeurs aussi sont unanimes : les matériaux et techniques se sont diversifiés. Fini, les brols en papier mâché ! Voici les porte-clés en neoprel et les bijoux ou pochettes en feutrine pour GSM ! Les œuvres d'art des bambins se veulent dorénavant utilitaires et dans l'air du temps.
Joëlle Dejoncker, institutrice à l'école Notre-Dame Immaculée : « Entre ce que je faisais à l'école et ce qui se fait aujourd'hui, il y a un monde de différence. À chaque fois, on faisait de la couture et de la broderie.
Mon père a beaucoup souffert car il avait reçu des boîtes d'allumettes alors qu'il ne fumait pas ou des mémos pour voiture alors qu'on n'en avait pas. »
Bon, les grands classiques restent indétrônables, comme les empreintes de doigts et mains en peinture, à la maternelle.
Mais aujourd'hui, vous avez des chances de recevoir des porte- photos, cadres et albums en tout genre. Par contre, depuis une dizaine d'années, les bouchons de bouteille de vin et cendriers même « tunés » sont bannis.
Côté instituteurs, l'enthousiasme est nuancé. Certains accusent le manque de temps, qui pousse à transformer tout ce qui est ludique en activité stressante ralentissant la matière.
D'autres revendiquent les vertus pédagogiques du projet cadeau. Joëlle Dejoncker transforme la Fête des mères en une manière de responsabiliser les enfants dans notre société de consommation.
L'institutrice inculque les bienfaits de la récupération ou l'intéressante différence de prix de l'achat en grande quantité.
Ces bricolages sont également une façon de (re)mettre les choses simples au goût du jour. Véronique Vanderveken, collègue de Joëlle, souligne aussi le côté thérapeutique de l'art. « Certains enfants n'aimant pas l'école se rendent compte qu'ils adorent chipoter et bricoler. »
Pour elle, le développement artistique fait donc intégralement partie de l'apprentissage scolaire et permet aux écoliers de s'ouvrir vers d'autres horizons.
En attendant, cette broche en forme de petit-suisse, c'est mimi tout plein. Surtout avec le vernis sur la ouate. Bonne fête, hein !
Cdlt
hobywen (chien de chasse LBAcien piocheur et renifleur)